Le baccalauréat général est l’un de nos plus anciens diplômes, et certainement celui ayant le poids symbolique le plus important. Son fonctionnement est critiqué, et la grande et coûteuse machinerie qu’il est devenu ne semble plus adaptée au monde actuel. Les travaux produits par les Jeunes démocrates sur la réforme du baccalauréat rejoignent et prolongent les annonces faites par le Ministre de l’Education, ce 14 février.
Actuellement, la différenciation des matières en fonction des filières engendre l’organisation d’épreuves distinctes en histoire-géographie, LV1, mathématiques, philosophie… Cette différenciation a par exemple pour conséquence de fournir aux lycéens de S un niveau d’anglais différent de celui d’un lycéen de L, tandis qu’il s’agit de la même matière et que l’objectif est commun aux deux : fournir les outils qui leur permettront de converser dans une langue étrangère.
Les Jeunes Démocrates proposent donc unefusion des filières généralesen offrant aux élèvesune plus grande modularité.
Dans le système que nous proposons :
une fusion des filières générales en offrant aux élèves une plus grande modularité
En Seconde, les lycéens suivent des cours dans dix matières différentes, sur le modèle de ce qui existe actuellement. En Première, ils sont amenés à sélectionner huit de ces matières à approfondir (en corrélation avec leurs appétences et leur projet professionnel), et enfin six en Terminale, évaluées au baccalauréat.
Cette modularité permet aux lycéens de découvrir, dans un premier temps, un large panel de matières et d’acquérir des connaissances de base dans ces disciplines, pour ensuite progressivement se concentrer sur ce qui les intéresse le plus.
Cette liberté mais aussi cette responsabilité donnée au lycéen permet de former des classes plus motivées. Elle incite les élèves à réfléchir à leur orientation dès le début du lycée.
Deux matièresdemeurentobligatoirespourl’ensemble des lycéens, le français (techniques de rédaction et de recherche) et l’anglais, qui sont des bases fondamentales pour des études supérieures et une carrière professionnelle. Les quatre autres matières de terminale évaluées à l’examen final sont totalement au choix de l’étudiant, ce qui lui permet de construire son propre parcours original.
Exemple 1 : une lycéenne attirée par les sciences pourra prendre mathématiques, physique, chimie (deux cours indépendants dès la première) et SVT.
Exemple 2 : un lycéen plus littéraire pourra prendre littérature (cours décorrélé du français dès la seconde), introduction à la pensée philosophique (voir plus bas), une langue étrangère (à choisir dans un pool resserré d’une dizaine de grande langues internationales) et LCA (voir plus bas).
Exemple 3 : une élève désirant recevoir une formation plus généraliste, pourra choisir mathématiques, histoire, introduction au droit et introduction à la pensée philosophique, par exemple.
Le cours de terminale de philosophie étant plus qu’insuffisant pour rentrer dans la complexité de cette discipline, nous proposons sa suppression au profit d’un cours sur l’ensemble du lycée qui s’intitulerait “Introduction à la pensée philosophique”. Il serait davantage basé sur l’histoire de la pensée philosophique, permettant aux lycéens d’avoir une vision plus complète que ce qu’ils peuvent recevoir en une courte année actuellement.
Les Jeunes Démocrates sont très attachés à la culture humaniste, dont les langues anciennes (latin et grec principalement) constituent un pan essentiel. C’est pourquoi nous souhaitons que leur pratique sorte du domaine des options pour redevenir une spécialité à part entière. La discipline “Langues et Cultures de l’Antiquité” (LCA) permettra de revaloriser la pratique du latin et du grec par un enseignement pluridisciplinaire connecté aux autres matières enseignées au lycée.
Le choix d’options, une “stratégie” élitiste, coûteuse, avec peu de bénéfices concrets
Dans le baccalauréat actuel, les candidats ont le choix entre de nombreuses options : langues étrangères, disciplines artistiques et sportives, etc. Le choix d’enseignements facultatifs au lycée renvoie à une stratégie qu’emploie majoritairement des élèves issus de milieux favorisés. Ils sont ainsi deux fois plus nombreux à prendre des options que leurs camarades issus de milieux moins favorisés.
De plus, choisir une option non proposée par son lycée (musique, théâtre, coréen, échecs, lutte bretonne, etc), représente un coût supplémentaire à la charge des familles. Mais surtout, l’organisation de ces épreuves optionnelles coûte très cher à l’Etat (ex. classes de moins de 15 élèves), pour un gain minime pour les candidats puisque cela ne permet qu’à 20% des élèves d’en tirer un bénéfice concret c’est-à-dire l’obtention du bac ou une meilleure mention.
Nous proposons ainsi la suppression du système d’options, au profit du parcours plus individualisé présenté ci-dessus.
Nous nous positionnons contre la mise en place d’un contrôle continu, car cela entraînerait des disparités selon les territoires et les établissements, ce qui lors des candidatures à l’université pourrait défavoriser certains jeunes.
En revanche, nous nous prononçons pour une individualisation des différentes matières. Cela veut dire que pour obtenir son diplôme du baccalauréat, il ne faudra pas obtenir dix sur vingt de moyenne générale, mais valider chacune des six matières (ou a minima 4 ou 5 matières). Soulignons qu’il serait possible de valider ces différentes disciplines en formation continue, sur plusieurs années.
Chaque lauréat se retrouverait donc avec un diplôme d’une grande valeur, ayant construit son parcours en fonction de ses affinités et de son projet professionnel, et ayant montré dans chaque matière un bon niveau. Un diplôme qui garde son caractère national tout en devenant hyper-personnalisé.
Notre projet se base donc sur une grande souplesse, sur une plus grande liberté des étudiants, sur une diminution des coûts d’organisation de l’examen due aux matières moins nombreuses et d’un seul sujet par épreuve. Nous proposons donc une rénovation complète du baccalauréat, ce qui conduira à une revalorisation du diplôme et à son entrée dans le XXIe, le siècle de la connaissance.