Les Jeunes Démocrates se sont attachés à travailler sur une série de propositions en vue des élections régionales de 2021. Ce travail nous permet d’apporter notre contribution en tant que mouvement de jeunesse aux réflexions des candidats de la majorité présidentielle pour cette échéance importante de la vie politique française.
Dans ce cadre, nous avons organisé une consultation ainsi que deux événements en ligne ont été organisés.
Le 25 février, à travers un quizz animé par Sylvain Dabrowski d’Alsace, nous avons testé nos connaissances sur nos régions à travers de nombreuses anecdotes sur nos différents territoires.
Le 31 mars, nous nous sommes penchés sur les compétences régionales, trop méconnues, autour d’une parlementaire européenne, Marie-Pierre Védrenne, et de deux élus régionaux du Grand-Est et d’Auvergne-Rhône-Alpes, la Vice-Présidente Lilla Merabet et François-Xavier Pénicaud. Cet échange qui s’est révélé particulièrement enrichissant à travers de multiples questions était organisé autour de trois thématiques principales : le développement économique, l’innovation et le numérique ; les transports ; et l’environnement et la santé. Au-delà des strictes compétences régionales, la présence de Marie-Pierre Védrenne nous a permis de nous interroger plus spécifiquement sur les liens qui existent entre les Régions et l’Union européenne et sur la manière dont cette dernière peut soutenir les Régions dans la bonne mise en œuvre de leurs projets.
S’en est suivie une consultation dont vous allez lire les résultats ci-dessous. Elle s’est déroulée selon la méthodologie habituelle des Jeunes Démocrates : ouverture d’un débat en ligne en parallèle des événements évoqués suivi de la constitution d’un groupe de travail. Celui-ci est chargé de rassembler les idées émergentes en ligne et d’en soumettre d’autres à la lueur de nos expertises internes. Une fois un corpus d’une quarantaine de propositions assemblées, celles-ci ont été soumises à un vote de valeur à l’ensemble de nos adhérents. A la vue des résultats de ce vote les Jeunes Démocrates vous proposent cette restitution. (Nos propositions en gras, nos idées fortes et constats en orange).
Les prochaines années devront répondre à un grand enjeu démocratique, rapprocher les citoyens des institutions représentatives et de leurs actions quotidiennes à l’heure où l’incompréhension, le désintérêt et la défiance s’accroissent. Nous sommes des millions à être impactés au quotidien par les actions de nos régions avec notamment les transports et les lycées. Consolider certains grands principes de gouvernance permettrait de réduire ce fossé et aiderait à relancer la participation électorale.
Latransparenceest impérative et à renforcer. Nous , citoyens, devons comprendre l’ensemble des raisons derrière les décisions régionales. Nous devons connaître les raisons derrière les votes de nos représentants. Nous, Jeunes Démocrates, défendons ainsi lapublicationsur le site des régions de l’ensemble des documents envoyés aux élus pour les plénières(hors classé confidentiel) et de laretranscription des débatss’y déroulant. Ainsi, les citoyennes et les citoyens auraient les tenants et aboutissants des choix régionaux. Pour compléter cette transparence et favoriser l’expression de tous, nous proposons, sur le modèle municipal, unenvoi annuel à chaque foyer d’un journal régional, présentant ses actions et décisions, avec commentaires des élus et des tribunes de chaque groupe.
Laparticipationdes citoyennes et des citoyens ne doit pas se faire qu’une fois tous les six ans. Ceux-ci doivent pouvoir s’exprimer, à travers desconsultations régionales, sur par exemple les décisions relatives aux grands aménagements tels que les constructions d’autoroutes et de centrales énergétiques puisqu’ayant un grand impact sur le territoire et ses habitants.
L’implicationdes élus régionaux est supposée pleine et entière, le mandat confié par les électeurs devant être tenu. Pour cela, lesindemnités devraient être versées sur la participation effectiveaux plénières et aux réunions en commission et des organismes régionaux associés. Par ailleurs, tous les élus se doivent de travailler et de collaborer de manière républicaine. Ainsi, lesoppositions doivent être incluses dans les directions de la région, des vices-présidences aux présidences de commissions.
En anticipation du Pacte Vert (Green Deal)de l’Union Européenne, nous invitons nos régions à sesaisir de leur bâti(hôtel de région, lycée…) pourrénoverles équipements ayant des performances énergétiques insuffisantes. Rappelons-nous que le logement est, avec les mobilités et l’agriculture, une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre. L’architecture a également un enjeu de transmission des modes de vie qui dépasse la simple efficacité thermique de cette proposition.
Sur le volet des investissements infrastructurels, les Jeunes Démocrates invitent àl’installation de pièges à CO2en sous-sol pour les principaux émetteurs comme les incinérateurs à déchets et des usines. Selon l’évolution du prix du CO2 ces infrastructures peuvent se révéler rentables à moyen ou long terme.
Sur un volet stratégie à présent, nous invitons les régions à marquer et faire connaître leurs ambitions écologiques de trois manières différentes.Flécher une part du budgetrégional à la transition écologique, ce qu’on pourrait appeler la constitution d’unbudget vert.Piloter ce budgeten insérant desclauses engageantesdans les politiques régionales afin d’évaluer la qualité environnementale de ces projets.De potentiels audits extérieursde ces engagements par des associations mais également des entreprises de conseil seront envisagés. Enfin nous invitons les présidents de régionà définir un objectif réaliste et atteignable d’énergies renouvelablesà l’horizon 2030. Pour définir cet objectif, l’observatoire des énergies renouvelables offre des données précises et récentes.
Les mobilités ne doivent pas manquer le train de la transition écologique. Dans des territoires régionaux aux caractéristiques très diverses,les transports collectifs ne peuvent pas être la solution à tous les besoins de déplacements. C’est pour cela qu’il faut accompagner le déploiement de nouvelles motorisations pour les transports individuels avecla mise en place de plans de déploiement de bornes de recharge pour véhicules fonctionnant au gaz naturel, électriques et les hydrogène. Ces réseaux régionaux devront être accessibles aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers grâce à la mise en place d’un système de paiement unifié.
Pour autant, les transports collectifs ne doivent pas être délaissés. Les politiques régionales de mobilités doivent ainsi mettre l’accent sur lafidélisation des usagers, grâce à une politique de tarification quiincite à l’utilisation des transports régionaux pour tous les motifs. Chaque voyageur détenteur d’un abonnement pour ses trajets domicile-travail doit se voirproposer pour ses déplacements occasionnels des billets “complément de parcours”, qui lui permettent, ainsi qu’à ses accompagnateurs, de bénéficier d’un tarif préférentiel. De plus, nous suggérons la constitution de conventions avec la SNCF pour queles TGV soient accessibles pour des trajets inter-régionaux au même prix qu’un TER.
À terme, les Jeunes Démocrates souhaiteraient quetoutes les régions proposent à minima un train ou un car par heure sur chacune des lignes structurantes des réseaux régionaux, de façon à ce quel’horaire ne soit plus un frein au transport collectif. Pour les lignes routières, les cars au gaz, issus de la méthanisation, doivent être privilégiés, de façon à en réduire l’empreinte écologique tout en prenant part aux efforts de verdissement des transports.
La mandature régionale à venir va devoir non seulement répondre aux alertes apportées par la crise du coronavirus ainsi qu’à ses conséquences, mais également s’engager dans l’économie de demain.
Pour être compétitives et terreaux d’emploi et de croissance, nos régions devront être à la pointe de l’engagement dans lenumériqueet l’économie verte. Dans ce premier domaine, il nous faut favoriser la formation des citoyennes et des citoyens. C’est pour cela, que nous devonsdévelopper des programmes de formations aux compétences numériquesauprès des centres de formation et des universités afin de booster l’innovation de manière transversale et transsectorielle. L’avenir passe incontestablement par l’économie et la croissance vertes. Nous défendonsla constitution de plans régionaux de transition dans cet esprit: création d’incubateurs dédiés à latransition écologique, soutien financier aux entreprises, aide à l’attractivité.
L’attractivité de nos régions devra aller au-delà du numérique et de l’écologie. La crise nous a montré que les délocalisations d’entreprises n’étaient pas favorables pour notre souveraineté économique ou sanitaire. Nous devons donc renouer avec notre passé industriel,en constituant et valorisant des pôles régionaux d’excellence industrielle en lien avec les spécificités locales, telles que la dentelle ou la porcelaine, afin de permettre la relocalisation des activités et des entreprises.
Notre attractivité pourrait être favorisée par unediplomatie économique régionale porté par un acteur ambassadeurreconnu qui engagerait des négociations afin d’attirer des entreprises sur le territoire.
L’économie ne va pas sans l’insertionet la formation et pour cette raison, nous défendons lacollaboration de la région avec les départementset regroupements de départements la constituant.
Dès le premier budget du mandat, afin d’accompagner les nombreux secteurs d’activité touchés par la crise sanitaire, il nous faudra mettre en place unprogramme d’actions “rebonds” et d’un fonds Covid.Ceux-ci ont l’ambition de dépasser une simple relance de l’industrie mais de lui faire passer un cap.
La crise sanitaire a durement touché les secteurs du sport et de la culture. A l’image de l’économie, ceux-ci devront être relancés à l’issue de la levée des premières contraintes.
Sur le sport, l’échéance des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, organisés à Paris, est dans toutes les têtes. Ceux-ci auront un contexte particulier puisqu’ils incluront une génération de jeunes athlètes n’ayant pas pu prendre leur envol durant le confinement de 2020. Au-delà de l’ambition de l’excellence sportive, des enjeux decohésion socialeet desantéexistent et la région se devra de collaborer avec de multiples acteurs afin d’agir.
Nous proposons de soutenir financièrement les clubs amateurs de haut niveauet notamment lesport fémininpour viser laprofessionnalisation. Dans le cadre de leur gestion des Centres de Ressources, d’Expertise et de Performances Sportives (CREPS), nous invitons les régions àcréer une équipe d’ambassadeurs régionaux pour la préparation des jeux de 2024et àrenforcer les liens avec les comités olympiques départementaux et l’action publique régionale.
Nous les convions également à sespécialiser. Les communautés sportives (hors football) gagneront àconcentrer leurs talentspour faire une émulation entre les meilleurs et mettre en commun des équipements de pointes et de l’encadrement.
La capacité d’investissement et de pilotage de la région peut servir à rendre pérenne l’usage de grandes infrastructures. Une attention rigoureuse sur ces stades ou salles polyvalentes peut être un atout pour le territoire que ce soit dans le domaine culturel ou sportif.
Sur la relance culturelle, nous faisons confiance au vivier des professionnels et à leurs initiatives créatrices mises à l’arrêt par le contexte sanitaire. Charge aux institutions (dont la région) de créer les conditions de retour des spectateurs. C’est pourquoinous envisageons un dispositif de subventions dégressivesdans le temps sur le ticket d’entrée des établissements culturels, au regard des moyens et des spécificités de la région.
Nous devons contribuer à l’émancipation de la jeunesse. Malgré la présence de cours d’éducation morale et civique, les jeunes n’appréhendent pas forcément la vie citoyenne. Les visites des lycéens au conseil régionalpermettraient à ces derniers de discuter avec les élus régionaux et de les amener vers un engagement citoyen. Cela serait une occasion pour les jeunes de découvrir le conseil régional dans son ensemble (travail des élus, compétences de la région, actions menées par cette dernière…).
L’inclusion des jeunes en situation de handicap et la lutte contre le harcèlement scolairesont des enjeux cruciaux. Pour cela, nous proposons lamise en place de dispositifs régionaux de sensibilisation au handicap et de lutte contre le harcèlement scolaire. Cela se traduirait par une intervention des professionnels (éducateurs spécialisés, psychologues…) ainsi que des personnes issues du milieu associatif et une formation de l’équipe pédagogique (professeurs, enseignants référents, personnel de la vie scolaire…). Les sensibilisations seraient effectuées auprès des élèves et de l’équipe pédagogique. Ces dispositifs sont nécessaires pour que nos lycées soient plus inclusifs avec les élèves en situation de handicap et pour endiguer les phénomènes de harcèlement.
Afin de soutenirl’emploi des jeunes issus de l’éducation prioritaire, il est pertinent deproposer desstages réservés à ces derniers au sein des instances régionales. Ces stages permettraient de soutenir les territoires défavorisés. Également, trouver un stage peut s’avérer difficile pour les jeunes alors que ceux-ci conditionnent parfois l’obtention d’un diplôme. Les stages dans les instances régionales seraient variés, allant des stages de troisième jusqu’aux contrats d’alternances.
Nous devons lutter efficacement contre ledécrochage scolaire. Les causes sont multiples (faible estime de soi, difficultés scolaires, problèmes sociaux…). Il faudraitdévelopper davantage les dispositifs de soutien scolaire pour les lycéens en décrochage. Ils peuvent avoir un accompagnement personnalisé, que ce soit sous la forme d’études du soir ou de stages de révision durant les vacances scolaires. Ce développement amènera à ce que les dispositifs soient disponibles à l’ensemble des lycéens et en prenant en compte les contextes sanitaires, cela pourrait être sous forme de cours à distance. Cette solution contribue à l’égalité des chances. Ne laissons jamais un lycéen sur le bord du chemin.
Pour lutter contre lafracture numérique, il serait envisageablede développer des espaces publics d’accès au numérique et aux technologies, sur le modèle des micro-folies. En fonction de certains territoires, les gens n’ont pas toujours un accès performant à Internet et à certains outils numériques pourdes usages créatifs(photo, cinéma, musique) et éducatifs. Les étudiants peuvent y aller dans le cadre de leurs études et utiliser l’endroit commeespace de travail. Ces espaces peuvent également servir à accueillirde grands évènements numériques (culture, e-sport).L’e-sport, désormais une activité de grande envergure, est demandeuse également de ces installations.
Dans le cadre de latransition écologique,la création d’unfond d’aide aux ménages pour la réhabilitation thermique et énergétiqueproposé par la région est envisageable. Il consistera à une réduction du reste à charge pour les foyers situés dans les classes moyennes, qui peuvent être en dehors des critères de l’ANAH (Agence Nationale pour l’Habitat) et permettra d’accélérer la transition énergétique tout en dynamisant la réhabilitation thermique..
Unesociété inclusivedoit se faire par l’accessibilitéet lasensibilisation. La loi “égalité des chances” de 2005, impose une accessibilité obligatoire des Établissements Recevant du Public (ERP) et les transports en commun aux personnes en situation de handicap, dès 2015. Toutefois, à l’heure actuelle, beaucoup de lieux publics restent inadaptés à ces derniers, le métro parisien étant un parfait exemple. De plus, nous observons encore trop de discriminations ou de harcèlements liés aux situations de handicap.La région se doit de mettre en œuvre un plan pour l’accessibilité et une société plus inclusivequi se ferait à travers 3 axes : sensibilisation, subventions, clauses engageantes dans les contrats que la région signe.
Nous voulons combattre l’habitat indigneet lemal-logement, avec des propositions innovantes :développer la filière bois,encourager l’éco-conception des logements avec de la matière recycléeetsoutenir le développement de proto-habitats. Depuis plusieurs années, la filière du bois souffre, malgré la présence de nombreuses forêts dans l’Hexagone, dû à un manque d’investissement. Nous défendons l’accélération et le renforcement de ce secteur stratégique ayant également un impact écologique positif. Concomitamment, nous pourrions repenser la conception de nos logements riches en bois en faisant usage de matières issues du recyclage et diminuer la quantité de matières rares (aluminium, cuivre…). Toujours dans un esprit de transition, nous avons à cœur de combattre l’étalement urbain. Les proto-habitats, par leur modularité mettent en valeur et proposent un habitat digne sur une faible surface, ils allient ainsi l’exigence sociale à l’exigence environnementale.
La France est visitée pour son patrimoine, ses espaces naturels, mais aussi sa culture. Le périmètre de certaines régions étant depuis 2016 agrandi, les stratégies touristiques de celles-ci ont évolué. Généralement pensé et promu à travers un prisme géographique trop vaste, le tourisme des nouvelles grandes régions voit disparaître l’identité culturelle traditionnellealors qu’il s’agit-là d’un aspect fondamental. C’est pourquoi, nous proposons undéveloppement des marques touristiques sur la base des territoires historiques.
Les langues régionalesont été progressivement abandonnées afin de permettre une meilleure maîtrise de la langue commune nationale. Aujourd’hui, la place centrale du français dans notre pays est naturelle et incontestée. Au contraire, les langues régionales sont quant à elles en train de disparaître. Pourtant, celles-ci permettaient de créer davantage deliens entre habitants et territoires. Cela serait un atout non négligeable pour les régions qui subissent un affaiblissement démographique constant. Les nouvelles générations sont de moins en moins attachées à leur territoire. Ledéveloppement de l’apprentissage des langues régionalesest donc un moyen de répondre à cette problématique. Cette proposition permet également de donner davantage de caractère aux territoires, et donc de proposer une offre touristique authentique, unique.
L’Union Européenne est partie intégrante de nos régions et de nos territoires et participe au financement de milliers de projets en France. Un exemple, en Guadeloupe, elle a versé vingt millions d’euros pour le renforcement parasismique du lycée Baimbridge accueillant mille sept cent élèves. De 2014 à 2020, la France disposait d’une enveloppe de vingt-six milliards, dont les trois quarts devaient être gérés par les régions. Pourtant, comme le souligne un rapport sénatorial, la France est en sous-utilisation de ces fonds : 55% en mars 2019 du FEDER (Fonds Européen de Développement Européen), 69% du FSE (Fonds Social Européen) ou encore 63% du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural). Ces fonds sont pourtant uneopportunité extraordinaireet nous nous devons de lesutiliser dans leur pleine capacitépour nosterritoires, pour nos citoyennes et nos citoyens, pour notreéconomieet pour notre avenir. Au-delà des fonds européens, nous devons profiter de tout ce que nous permet l’Union Européenne.
Afin d’engager une plus grande collaboration internationale et de s’assurer de la réalisation de de l’utilisation de fonds cités précédemment, nous défendons la présence dans chaque région d’uneVice-Présidence à l’Europe et l’International,dont l’une des missions serait lagestion des fonds européens et de se doteret derenforcer les ressources humaines de la région avec des experts de la question.
Co-auteurs/participants :Antoine Hurtaut, Camille Petitjean, Damien Renault, Elias Ouharzoune, Ehli Dahel, Louise Morel, Maxime Bizzarri, William Onkur, Yanis Khalifa